Anne Sylvestre
 

Anne Sylvestre est née à Lyon, d’un père bourguignon et d’une mère alsacienne. Première fille après deux garçons, sa naissance fut très bien accueillie, et elle n’a jamais par la suite regretté d’être née femme. Par plus d’ailleurs que sa jeune sœur, la romancière Marie Chaix.

Après une enfance à Tassin-la-Demi-Lune (près de Lyon) et une adolescence à Suresnes (dans la banlieue parisienne) elle suit sa famille à Paris –Paris où elle vit encore, citadine par choix. Après avoir habité divers quartiers, elle aime son vingtième arrondissement où elle s’est implantée, dans une petite maison sans jardin. Elle aime la campagne pour y passer, et aussi pour y visiter les gens chers à son cœur.

Bonne élève, elle entama à la Sorbonne des études de lettres, vite abandonnées au profit de la chanson. Aimant les mots, aimant les notes, et adorant chanter depuis toujours, elle suivit comme une pente naturelle le jour où on lui prêta une guitare.

Dans un même temps, elle découvrit la mer, la voile avec le Club des Glénans, où chantant à la veillée elle trouva son premier public.

En novembre 1957, Michel Valette l’auditionna au cabaret La Colombe et l’engagea aussitôt, pour donner quelques chansons en début de soirée, sur le tabouret légendaire qui fut sa première scène (et qui connut de très près Guy Béart, Pierre Perret, Jean Ferrat, Hélène Martin et tant d’autres !)

Ont suivi… 50 ans d’une carrière sans interruption, jalonnés de nombreuses chansons, de spectacles, de voyages, de rencontres, de belles récoltes et de déserts, d’abandons et de fidélités, d’engagements aussi, et surtout du bonheur d’écrire et de chanter.

Si elle ne fut pas toujours visible du plus grand nombre, elle le fut du moins pour tous ceux qui au fil des années ont rempli et continuent de remplir ses salles, ceux dont elle attend la présence et les sourires lors de son tout prochain Jubilé.

Parmi ses fidèles, elle attend particulièrement tous ceux qu’elle a bercés avec ses Fabulettes et qui devenus adultes, viendront voir que « la Dame qui chante » a encore plein de choses à leur dire !

La jeune fille qui chantait, il y a un demi-siècle, n’aurait jamais osé rêver que ça durerait aussi longtemps. Mais quand elle se retourne maintenant, elle ne s’attarde pas sur ce passé-là, et se dit que ça peut bien continuer encore un peu !

Quelques repères…

de 1957 à 1967
Quelques chansons : Porteuse d’eau, Les Cathédrales, Tiens-toi droit, Eléonore, Mon mari est parti, T’en souviens-tu la Seine, Lazare et Cécile, La Femme du vent, Les Amis d’autrefois, …

- Débuts à La Colombe, cabaret parisien situé sur l’île de la cité. Elle devient une figure majeure de la « rive-gauche » et chante au Port du salut, chez Moineau, à la Contrescarpe et au Cheval d’or qui devient, avec La Colombe, son lieu de prédilection.
- Elle est à l’affiche des music-halls parisiens : les Trois Baudets, Bobino, l’Olympia -première partie de Gilbert Bécaud, …
- Elle tourne beaucoup en province, en Europe, à l’étranger (Québec, Pologne) en récital ou en première partie de Jacques Brel, Mouloudji, …
- Georges Brassens préface son deuxième disque.
- Elle se lie d’amitié avec Pauline Julien et rencontre Barbara. Elles sont les premières à la chanter.
- C’est en 1962, pour la première de ses deux filles, qu’elle créé un répertoire destiné aux enfants. Elle invente littéralement le genre et ne cessera de l’enrichir jusqu’à aujourd’hui : ce sont Les Fabulettes. Ce répertoire, elle ne l’a JAMAIS chanté devant les enfants et elle ne le fera JAMAIS, réservant exclusivement la scène à la rencontre avec son public adulte.
- En 1967, Félix Leclerc chante en co-récital avec elle à Bobino. Cette même année, les éditions Seghers lui consacrent un volume dans la collection Poésie et Chanson. Elle est la première femme à y figurer.

de 1968 à 1971
Quelques chansons : Mousse, Depuis l’temps que j’l’attends mon prince charmant, Lettre anonyme à Jules, Abel, Caïn, mon fils, Des fleurs pour Gabrielle, Pour une petite chanteuse, …

- Elle enregistre en duo avec Boby Lapointe le désopilant Depuis l’temps que j’l’attends mon prince charmant.
- Tournées au Québec, en France en co-récital avec Serge Reggiani. Elle écrit pour lui Maumariée.
- Cora Vaucaire enregistre Le Géranium.

de 1973 à 1993
Quelques chansons : Non tu n’as pas de nom, Lettre ouverte à Elise, Une sorcière comme les autres, Comment je m’appelle, Les Gens qui doutent, Petit bonhomme, Carcasse, Un bateau mais demain, La Faute à Eve, Ecrire pour ne pas mourir, Flou, Trop tard pour être une star, Comme un personnage de Sempé, Pas difficile, …

- Elle devient sa propre productrice (disques A. Sylvestre) en 1973. Elle est désormais libre de maîtriser sa production comme elle l’entend. Notamment en ce qui concerne ses disques pour les enfants dont le succès est devenu considérable.
- Elle chante au Théâtre des Capucines, au Théâtre des Champs-Élysées, à la Renaissance, au Théâtre Montparnasse, au Chapiteau des Halles, au Palais des glaces, à l’Eldorado,… Elle tourne beaucoup en France, à l’étranger.
- En 1975 parait Une sorcière comme les autres, chanson unanimement saluée.
- En 1976, Dick Annegarn chante en co-récital avec elle au Stadium.
- En 1983, deux soirées mémorables sous le grand chapiteau du Printemps de Bourges.
- 1986. Nouveau récital à L’Olympia.
- 1987. en compagnie de Pauline Julien (et Denise Boucher pour l’écriture), elle conçoit et interprète Gémeaux croisées, un spectacle qui tient du double tour de chant et du théâtre musical. Plus de cent représentations en Belgique, au Québec, à Paris au TLP Dejazet et en tournée en France. A cette occasion, elle abandonne définitivement sa guitare et se révèle une comédienne et une interprète de premier plan.
- 1989. Elle écrit les chansons de La Ballade de Calamity Jane, western-théâtro-musical dans lequel elle joue et chante.
- Elle tourne plusieurs années en France et au Québec Détour de chant, un récital piano-voix, accompagnée par Philippe Davenet.
- 1993. Elle écrit Lala et le cirque du vent, une comédie musicale pour les enfants, mise en scène par Viviane Théophilidès, dans laquelle joue et chante Michèle Bernard.


de 1994 à aujourd’hui
Quelques chansons : Si mon âme en partant, Belle parenthèse, Sur mon chemin de mots, Les Grandes balades, Les Dames de mon quartier, Partage des Eaux, Les Chemins du vent, Berceuse de Bagdad, Le P’tit grenier, Langue-De-Pute, Compostelle, …

- Elle donne à Paris un nouveau récital en 1995 au Théâtre de la Potinière, accompagné de la sortie du CD D’amour et de mots. Tournée en France, au Québec.
- Elle joue et chante dans Hôtel des Ephémères, une pièce de théâtre musical écrite avec Guy Faucon et la Compagnie de la Pie rouge à Rouen.
- 1997. Elle présente La Fontaine-Sylvestre avec Viviane Théophilidès en province et à Paris, un spectacle musical librement inspiré des célèbres fables qu’elle transpose en chanson. Sortie du CD éponyme.
- en 1998, elle fête ses 40 ans de chanson. Récital à L’Olympia, sortie d’une intégrale de ses enregistrements studio chez EPM, du DVD du spectacle et de la publication de tous ses textes.
- La même année, un hommage lui est rendu à l’Auditorium Saint-Germain-des-Prés : une cinquantaine d’artistes interprètent ses chansons sur trois jours.
- Entre 2000 et 2004, elle signe deux nouveaux CD assortis de récitals créés à Paris (tous deux à l’Auditorium Saint-Germain-des-Prés) : Partage des eaux et Les Chemins du vent. Tournées en France, au Québec.
- De 2007 à 2009 à Paris au Théâtre du Trianon à 9 reprises et en province elle chante « Mon jubilé ! » pour fêter ses 50 ans de carrière. Attention ! Aucune nostalgie à l’horizon. Ce n'était ni un bilan patrimonial, ni une fin en soi, simplement l’occasion de fêter le chemin parcouru jusque là, et de chanter sur scène les chansons de son CD Bye mélanco.

demain…

Le 24 octobre 2012 est paru chez Fayard le livre de Daniel Pantchenko : Elle chante encore ?


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